agressivité et violences en institution : comprendre pour mieux gérer et prévenir

Public:

Personnel exerçant en EHPAD : ASH, AS, IDE, AMP, animatrice, cadre, psychologue…

Objectifs:

Améliorer les connaissances et les compétences des équipes soignantes vis-à-vis du contexte de l'institution, du vieillissement et ses déficits, des pathologies du grand âge

Modifier les représentations sociales chez les soignants

Maitriser les outils permettant d’évaluer les troubles du comportement "agressifs" et d’en rechercher les causes

Développer des attitudes professionnelles face aux situations d’agressivité verbale et/ou physique, d’agitation, d’opposition dans les soins, de délire, d’hallucination… en respectant le cadre règlementaire

Développer des capacités d’analyse et d’organisation, pour limiter et prévenir les situations conduisant aux situations de violence

 Éléments de contenu: 

  1. Les enjeux des conduites agressives en Institution : conséquences néfastes pour le résident lui-même, l’entourage, les autres résidents, la famille - importance d’un repérage précoce 
  2. Rappel sur les démences neuro-dégénératives (Alzheimer, Démence à corps de Léwy, Démence fronto temporale…) : les signes cliniques, les conséquences physiques, psychiques et sociales 
  3. Repérer et comprendre les différents troubles du comportement dits perturbateurs en Institution  
  4. Les étapes de la prise en charge des troubles du comportement en EHPAD, en particulier chez les personnes démentes 

 La démarche diagnostique 

I. La démarche d’évaluation des troubles : structurée, personnalisée et hiérarchisée

Evaluer le caractère d’urgence, de dangerosité ou de risque fonctionnel pour le patient et pour autrui 

Les causes somatiques et psychiatriques sont recherchées en priorité en raison de leur gravité potentielle et de la possibilité d’une réponse thérapeutique rapide et efficace 

Rechercher une cause somatique à traiter en priorité

Une comorbidité

Les troubles cognitifs prédominants et ayant le plus de conséquences sur l’adaptation du patient à la vie quotidienne (mémoire, orientation, jugement, communication, praxies, fonctions exécutives, vulnérabilité…

Une cause iatrogène

Une douleur (échelles Doloplus, Algoplus, ECPA)

Une déshydratation

Une cause psychiatrique (syndrome dépressif, crise d’angoisse sévère, décompensation d’une pathologie psychiatrique préexistante

Une modification ou une inadaptation de l’environnement

Un déficit sensoriel

Une prise de toxique

Une pathologie démentielle

Approfondir l’évaluation clinique des troubles

Intensité et retentissement, fréquence

Compléter l’enquête étiologique

Faire le point sur les capacités sensorielles et cognitives

Identifier des facteurs prédisposants

Facteurs de fragilité, facteurs d’environnement, de mode de vie…

Rechercher des facteurs déclenchants ou de décompensation

Evènements ponctuels, problèmes relationnels, attitudes inadaptée des professionnels ou des proches

Facteurs écologiques liés à l’environnement et à l’entourage professionnel et familial

Changements d’organisation de la prise en charge ou du lieu de vie

Lieux imposés, types de locaux, bruits, lumière, odeurs, organisation de la journée

Changement d’intervenants

Situation de conflit interpersonnel ou de contraintes vécues

Attitude et humeur des soignants, des autres résidents, niveau d’information et niveau de formation des soignants, capacités de communication, d’empathie, d’anticipation des besoins de la personne, phobie de mobilisation, d’un contact physique rapproché parfois vécu comme agressant, intrusif

Evènements familiaux

Facteurs propres à la personne liés à sa personnalité (histoire de vie, caractère…) 

II. Les outils d’évaluation

Leur place, quand les utiliser ? Qui les utilise ?...

NPI/ES

GDS

Echelle de dépression de Cornell

Echelle d’agitation de Cohen Mansfield 

III. La synthèse et la transmission des informations

Dans le dossier du résident

Informations provenant de tous les professionnels intervenant auprès de la personne et de ses proches : sur l’épisode actuel, sur les ATCD personnels somatiques, psychiatriques, sur des épisodes similaires antérieures

Transmission et partage des informations dans le respect de la confidentialité : les personnes en charge de la personne échangent sur ces informations pour adapter la prise en charge de façon coordonnée. 

 La démarche thérapeutique

Le cadre juridique

- Prise en charge du résident dans le respect du cadre règlementaire : droits de personnes et réflexion éthique de l'accompagnement du résident
- Sécurité du résident et contention : le cadre règlementaire de l'utilisation de la contention
- Sécurité et liberté d'aller et venir : comment contraindre tout en préservant la liberté d'aller et venir du résident ? Réflexion éthique

Les causes somatiques et psychiatriques curables sont traitées en priorité (pathologies aigues, douleur, inconfort…)

Les techniques de soins (savoir-être et savoir-faire) sont recommandées en 1ère intention +++

  • Attitudes de communication

Ne communiquer qu’avec une seule personne à la fois et consacrez-lui toute son attention (se présenter, éviter les sources de distraction, face à elle, à sa hauteur, rester calme…)

Préférer la simplicité dans le mode de communication (phrases courtes, questions fermées…)

Rester patient et détendu

  • Attitudes de soins

Solliciter la personne sans la stimuler à l’excès ni la mettre en échec

Tenir compte au mieux de ses habitudes de vie, ses choix et respecter son intimité…)

Installer ou maintenir une routine rassurante pour la personne et simplifier les gestes du quotidien

Laisser faire les comportements s’ils ne sont pas dangereux

  • Les interventions à visée thérapeutique (mémoire, mouvement, les 5 sens, les émotions…) jamais imposées mais proposées à la personne
  • Mise en œuvre selon une méthodologie formalisée

Animations flash, musique, danse, incitation au mouvement, thérapie par empathie, massage et bien être, thérapie par les animaux, jardin thérapeutique…

 Les réponses aux familles.

Comprendre la souffrance des familles
Savoir communiquer avec les familles : écouter, rassurer, informer…pour ne pas aggraver des situations de violence

Les réponses en termes d’environnement (PASA, UHR…)

Les indications d’hospitalisation – UCC -

Les traitements médicamenteux

Les indications et règles de prescription d’un traitement par psychotrope

Les divers psychotropes
La contention physique (recommandations HAS 2005)
Demander l’intervention d’un spécialiste (gériatrie, neurologue, psychiatre) en cas de comportement difficile à gérer, en cas de danger pour le patient ou pour autrui

 Le suivi et la prévention des troubles 

  • Suivi des outils d’évaluation
  • Réflexion en équipe pluridisciplinaire
  • Prise en charge adaptée à chaque personne dans le cadre du projet de soins et de vie personnalisé

Notre démarche pédagogique:

Un questionnaire préalable à la formation adressé à chaque stagiaire pour identifier les attentes de chacun et adapter l'intervention.
Des méthodes d’APP préconisées par l’HAS.
Un référentiel d’analyse basé sur les indicateurs nationaux de bonnes pratiques.
Une documentation pédagogique remise à chaque participant.
Une approche pédagogique concrète et pragmatique s'appuyant sur des méthodes de pédagogie active : alternance d'exposés théoriques courts, d'études de cas, d'analyse de pratiques...
L’élaboration d’un plan d’actions d’amélioration avec indicateurs et modalités de suivi.
Une évaluation de la satisfaction et des connaissances.
La remise d’une attestation DPC.

Formateur:

Formateur: Psycho-gérontolgue, formatrice et praticienne auprès de la personne âgée.
Coordonnateur : Dr Véronique Margarot

Durée:

3 journées